Raphaël Glucksmann Il me reste un immense espoir, un immense espoir. Moi, c'est ce que je veux dire aux gens qui nous écoutent. Vous savez, on a vécu dans un monde qui n'existera plus, où la paix, la démocratie étaient garanties. Et donc on est dans un moment de vertige, on a peur, c'est normal d'avoir peur, c'est normal d'avoir peur, ce serait même malsain de ne pas avoir peur. Mais on est beaucoup plus forts qu'on ne le croit en Europe. On a des bases beaucoup plus saines qu'on ne le pense. On est un continent où on vit dans une forme de stabilité et dans une forme aussi de développement qui n'existe pas vraiment ailleurs. Ce qui nous manque, c'est la volonté politique de nous affirmer nous-mêmes. Et je veux aussi dire mon espoir pour la France précisément.
Caroline Roux En conclusion.
Raphaël Glucksmann Mon espoir pour la France, parce qu'en fait on a été déclassé à l'échelle européenne et à l'échelle du monde ces dernières années. Et là, tout d'un coup, on peut redevenir les locomotives de la construction européenne. On peut redevenir les leaders de l'Europe. C'est un projet immense, vous savez, pour le pays. Et on peut pas seulement de l'Europe, on peut être à nouveau les leaders du monde libre. En réalité, vous savez, vous avez vu ce qui se passe aux États-Unis, tous ces scientifiques qui se font virer, qui se font persécuter. Ramenons-les chez nous, redevenons en fait ce que nous avons déjà été dans notre histoire. Renouons avec ce pacte 20 fois séculaire entre «La grandeur de la France, c'est la liberté du monde» dont parlait le général de Gaulle. Nous sommes aujourd'hui, pour la France, à un moment déterminant. On a une défense, on a une dissuasion, on a une industrie de défense et la défense devient le cœur du projet européen. Si nous prenons les bonnes décisions maintenant, eh bien nous serons, nous, à la tête de l'Union européenne et nous affirmerons une puissance. Et les empires qui nous menacent aujourd'hui, qui nous méprisent, eh bien seront obligés de nous écouter. Que ce soit la Chine, les États-Unis ou la Russie. Mais pour cela, il faut le vouloir. Et ce dont nous manquons aujourd'hui, c'est de la volonté politique d'exister.