Retraites : abroger pour réformer sur la base de la justice sociale
Dans une interview sur France TV - C'est à vous, diffusée le 23 juin 2025, Raphaël Glucksmann expose sa position sur la réforme des retraites face à Anne-Élisabeth Lemoine et Patrick Cohen. Il affirme vouloir abroger la réforme en cours, tout en précisant qu'il ne s'agit pas de revenir au statu quo : « C'est pas juste revenir au statu quo ante. On sait que le système est menacé, qu'il faut qu'il y ait un équilibre, mais il faut qu'il y ait un équilibre qui soit basé sur la justice. » Il critique la focalisation du débat sur le seul âge légal de départ, estimant que l'enjeu central réside dans la prise en compte des inégalités de parcours professionnels. Il développe un raisonnement fondé sur la pénibilité et l'espérance de vie : les travailleurs ayant des carrières pénibles, dont l'espérance de vie à la retraite est plus courte, devraient pouvoir partir plus tôt, tandis qu'un cadre disposant d'une espérance de vie plus longue pourrait partir plus tard. Il conclut en définissant l'objectif d'une réforme alternative : préserver l'équilibre du système de retraites en plaçant la reconnaissance des inégalités de parcours au cœur du dispositif. Il déclare : « Ne pas faire de la reconnaissance des inégalités de parcours le cœur même de ce système, c'est finalement perpétuer l'injustice ». Il se montre prudent quant aux suites concrètes, évoquant le conclave en cours.
« C'est pas juste revenir au statu quo ante. On sait que le système est menacé, qu'il faut qu'il y ait un équilibre, mais il faut qu'il y ait un équilibre qui soit basé sur la justice. »
Raphaël Glucksmann
Transcription verbatim
Raphaël Glucksmann On explique noir sur blanc qu'on veut abroger cette réforme, c'est-à-dire proposer une autre réforme.
Anne-Élisabeth Lemoine Il faut tout revoir ?
Raphaël Glucksmann C'est pas juste revenir au statu quo ante. On sait que le système est menacé, qu'il faut qu'il y ait un équilibre, mais il faut qu'il y ait un équilibre qui soit basé sur la justice. Mais disons-le très clairement, le problème de ce débat depuis le début, c'est qu'il s'est focalisé de part et d'autre simplement sur l'âge légal. Or, en réalité, il faut que les gens qui ont des carrières pénibles pussent partir tôt à la retraite. Leur espérance de vie une fois à la retraite est d'ailleurs beaucoup plus courte que les autres. Par contre, quand vous êtes un cadre qui gagnez bien votre vie et qui avez une espérance de vie de 30 ou 40 ans après, vous pouvez partir plus tard. Et finalement, l'esprit de la réforme qu'on proposerait, attendez, enfin là on est dans la spéculation pure parce que peut-être que le conclave va déboucher sur quelque chose de concret.
Anne-Élisabeth Lemoine Oui, on reste très prudent.
Raphaël Glucksmann On l'espère. Et on l'espère, ce serait surtout une formidable nouvelle démocratique. Mais nous, ce qu'on veut proposer, c'est une réforme qui pense à l'équilibre de notre système, parce qu'on doit le préserver, en se basant sur l'idée de justice. En ne pas reconnaître ou ne pas faire de la reconnaissance des inégalités de parcours le cœur même de ce système, c'est finalement perpétuer l'injustice.
Les positions de Raphaël Glucksmann sur le social
Réforme des retraites fondée sur la pénibilité et la démographie
Il prône une « réforme juste et ambitieuse » des retraites, fondée sur deux piliers : la reconnaissance de la pénibilité au travail et le constat de l'inversion de la démographie. Ce volet s'inscrit dans un programme plus large intégrant santé, sécurité au travail, intéressement et participation des salariés.
Réforme des retraites intégrant l'espérance de vie en bonne santé
Sur les retraites, il défend une réforme du financement de la protection sociale intégrant un critère d'espérance de vie en bonne santé. Les salariés aux carrières les plus hachées et aux métiers les plus difficiles pourraient partir plus tôt, tandis que les cadres, dont l'espérance de vie en bonne santé est plus longue, partiraient plus tard.
Protéger les voyageurs contre les faillites et les annulations imprévisibles
Raphaël Glucksmann vote en septembre 2025 en faveur d'une révision de la directive sur les voyages à forfait. Il soutient une définition élargie des forfaits incluant les services additionnels réservés dans les 24h, le droit d'annulation sans frais en cas de circonstances exceptionnelles, et le remboursement en 14 jours.
Urgence sociale : mettre fin à la course vers le bas fiscal
Place Publique dénonce la concurrence fiscale et sociale entre États membres de l'UE, qui a conduit à une course vers le moins-disant. Elle appelle à inventer un vrai modèle social européen fondé sur la coopération et la convergence vers le mieux-disant.
Autorité européenne de contrôle des prix alimentaires
Pour lutter contre la vie chère, Place Publique propose la création d'une Autorité européenne de contrôle des prix alimentaires chargée de surveiller les pressions tarifaires et de protéger à la fois les producteurs et les consommateurs.
La solidarité est consubstantielle à la démocratie
La Charte affirme que toute société digne se fonde sur une solidarité à entretenir sans relâche. Cette solidarité articule la dette de chaque individu envers la société, la dette envers les générations passées et la dette écologique envers la nature et les générations futures.